Michel Erlich
Bio
Je suis né juste après la 2ème Guerre Mondiale À Paris. J'ai connu le vieux Paris, celui des Halles, le Paris de Doisneau, le Paris en Noir et Blanc. J'ai connu l'ancien et le nouveau Monde. J'ai rencontré la photographie avec le Rolleiflex, pas encore le mien, celui d'Henri, photographe de presse à Libération. Pas le Libé que tout bobo se doit de lire avec une tartine de beurre et un café noir, mais celui de la Guerre d'Algérie, de la décolonisation.
Plus tard j’ai été à mon tour photographe de presse à la Cause du Peuple, le journal de Jean Paul Sartre. Je couvrais les manifs et les grèves de la fin.
De mon enfance, j’ai conservé deux traits: un goût immodéré pour la peinture et pour cette ambiance hors du temps des expositions de peinture, la difficulté voire l’impossibilité d’être encarté, qu’il s’agisse d’un groupe, d’une organisation politique ou idéologique. Je peux être sympathisant, sympathisant actif ou même être satellisé. C’est sans doute pour avoir passé mes premières années sous une table de la section du 9ème du Parti communiste. Ma mère était peintre mais je me savais exclu de ce jardin d’Eden. Avec la photographie, j’avais trouvé ma fonction, voyeur. Un œil dedans, un pied dehors. Ce fut longtemps mon positionnement dans la vie.